paul hugues (1891-1972)

Vue du palier de l'escalier égyptien au musée du Louvre en 1946. Gouache sur papier

Paul HUGUES (1891-1972)

Vue du palier de l'escalier égyptien au Louvre en 1946

Gouache sur papier

Cachet d'atelier au dos

31 x 48 cm

Encadré, sous verre, dans une large bordure en chêne de l'époque

Paul Hugues, peintre de l’école française, connu pour ses vues d’intérieurs, effectua au palais du Louvre entre 1934 et 1946 une série de vues des salles du musée. Quatre de ces tableaux sont aujourd’hui conservés au Louvre.

Notre gouache représentant une salle des antiquités égyptiennes en cours d’aménagement est à rapprocher de deux autres tableaux de même dimension, conservés au musée du Louvre, représentant deux autres scènes de réinstallation du département d’égyptologie, où sarcophages sont alignés pèle mêle contre les murs des salles Charles X du musée.

Cette gouache est accompagnée des deux esquisses sur papier bleu, des tableaux conservés au musée du Louvre.

Vue de la salle B des Antiquités égyptiennes au Louvre en cours de réinstallation en 1946. Inv. N° 20442

Vue de l’escalier égyptien au Louvre en cours de réinstallation en 1946. Inv. N° 20443.

L’exode des Musées : Le retour des œuvres

 

Cette gouache de Paul Hugues décrit le retour des œuvres d’art dans les musées français, à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale, après plus de sept ans d’une errance chaotique et incertaine.

 

On oublie souvent en parcourant les salles du Louvre et des musées européens, le péril dont furent menacées les œuvres d’art des collections nationales au cours du dernier conflit mondial, et l’étrange périple secret qu’elles durent parcourir pendant la guerre, pour échapper à l’anéantissement que faisaient craindre les bombardements et les incendies, ainsi que les pillages par les autorités nazies.

Si les hommes durent souffrir de la guerre, ils avaient pris des dispositions, dès la crise de Munich de 1938, pour que les trésors du patrimoine ne subissent pas un sort fatal ; en désignant des dépôts secrets dans les campagnes du centre et l’ouest de la France, situés loin de tout point stratégique, pour échapper à la menace des bombardements. Des châteaux, dont les volumes permettaient, le stockage et la conservation pérenne des œuvres, furent réquisitionnés.

Jacques Jaujard (1895-1967), directeur des musées nationaux au moment de la guerre, fut le chef d’orchestre de cet exode des musées ; se chargeant avec les équipes de conservateurs et les personnels techniques, de mettre en œuvre l’emballage et le transport de 3690 tableaux, sculptures et peintures du musée du Louvre, ainsi que de grandes collections privées. Les trésors des collections nationales furent expédiés dès août 1939. Le reste suivit en hâte au moment de la déclaration de guerre, en septembre 1939. Trente-sept convois, constitués grâce à la réquisition de camions, se mêlèrent aux foules de l’exode.

Les antiquités orientales furent regroupées dans l’orangerie et dans le château de Cheverny (Loir & Cher), les antiquités grecques et romaines envoyées au château de Valençay (Indre), le château de Sourches (Sarthe) regroupa les peintures de grands format du Louvre, des meubles du château de Versailles et la tapisserie de Bayeux, la Joconde et la Vénus de Milo furent accueillies au château de Chambord, avec les collections de dessins, d’objets d’art et de sculptures du Louvre. Quant aux antiquités égyptiennes, elles furent envoyées au château de Courtalain (Eure et Loir) chez Arnaud de Gontaud Biron, marquis de Saint Blancard (1897-1985).

Mais en juin 1940, la dislocation du front français et l’avancée des troupes allemandes forcent à revoir ce plan d’évacuation. Les collections ne sont plus en sécurité, si elles ne sont pas envoyées plus au sud. C’est ainsi qu’une partie des collections égyptiennes quittent le château de Courtalain, pour être mises en sûreté au château de Saint Blancard dans le Gers, chez le marquis de Biron (1893-1970), frère du propriétaire de Courtalain. Les convois sont organisés dans des conditions de précarité extrême, à cause notamment de la pénurie d’essence, qui immobilise les véhicules pendant plusieurs jours en rase campagne. En 1942 c'est un nouvel exode pour les collections égyptiennes qui sont déplacées au musée Ingres de Montauban. Elles termineront leur course en avril 1943 au château de La Treyne dans le Lot, appartenant à la famille Fontana.

À l’issue de la guerre, le musée du Louvre, qui a subi d’importantes déprédations du fait de l’occupation allemande, fait l’objet d’une campagne de travaux. Les œuvres qui étaient parties ne seront réintégrées qu’à la fin de l’année 1946, et le musée n’ouvre à nouveau au public qu’en 1947.

C’est donc l’épisode du retour de ces œuvres dans les galeries du musée, que nous décrit cette gouache de Paul Hugues. La disposition des lieux est assez chaotique et pourrait passer pour le décor d’une scène des cigares du pharaon.

Saisis par le peintre, au moment où ils ont quitté leur caisse de bois, les sarcophages égyptiens posés éparses le long des murs, retrouvent la lumière du jour après huit années de réclusion et d’obscurité.

La salle représentée est le palier de l’escalier du midi, qui se trouve au coin sud de la grande colonnade du palais, face à Saint Germain l’Auxerrois ; reconnaissable à son dallage losangé de marbres noir et blanc et à son architecture à colonnes.

Devant une niche, entre deux colonnes au centre de la composition, trône le sphinx de Tanis, en granit, dédicacé à Ramsès II, devant lequel se dresse le cercueil de Tamoutnefret, chanteuse d'Amon. Émergeant de sa caisse, encore entouré de la paille qui lui servait d’écrin, on reconnaît sur la droite de la composition la silhouette élancée de l’inestimable statue d’Horus en bronze, les mains levées en signe d’offrande. Ce fleuron des collections du Louvre est aujourd’hui la sentinelle qui accueille les visiteurs à l’entrée du département des antiquités égyptiennes du musée.

 

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