robert & jean-baptiste osmond
Pendule colonne en bronze vers 1770

Pendule colonne osmond

ROBERT ET JEAN-BAPTISTE OSMOND
PENDULE COLONNE EN BRONZE, PARIS VERS 1770
Bronze ciselé et doré, bronze patiné
Signé OSMOND sur le boîtier
Hauteur : 35,5 cm, base carrée mesurant 15,9x 15,9 cm

ROBERT AND JEAN-BAPTISTE OSMOND
A LATE LOUIS XV COLUMN CLOCK, PARIS CIRCA 1770
Chased and gilded bronze, patinated bronze
Signed Osmond on the case

Prix : nous contacter

detail vase pendule osmond
pendule osmond vue de dos
signature pendule osmond

Importante pendule colonne en bronze ciselé et doré et bronze patiné. Le mouvement de huit jours, serti dans un élégant cabinet en forme de colonne tronquée en bronze patiné par le célèbre fondeur et ciseleur parisien Robert Osmond. Le cadran émaillé indique les heures en chiffres romains, et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes sur sa bordure extérieure, par deux aiguilles repercées en bronze doré. Échappement à ancre à recul, sonnerie à roue de compte extérieure sur une cloche argentée, au passage des heures et des demis. Suspension à fil. Le cadran circulaire en bronze doré est entouré d’une importante guirlande de laurier fixée par un nœud a une colonne cannelée surmontée d’un vase en bronze doré dont l’amortissement se compose d’une grenade éclatée et dont la panse s’orne d’une frise de grecque soulignée de festons de lauriers et de deux anneaux mobiles sur les côtés. La base carrée soulignée d’un autre tors de laurier, signée OSMOND.

BIBLIOGRAPHIE

– Hans Ottomeyer and Peter Pröschel, Vergoldete Bronzen, München 1986, p. 194, pl. 3.12.3, reproduisant une pendule d’un modèle identique la colonne en bronze doré, le cabinet par Robert and Jean-Baptiste Osmond et le mouvement de Gudin à Paris, Château royal de Stockholm. 

– Pierre Kjellberg, Encyclopédie de la Pendule Française du Moyen Age au XXe Siècle, Éditions de l’amateur,Paris 1997, p. 185, illustration en couleur d’une pendule a colonne en bronze doré signée Osmond avec un mouvement de Louis Montjoye. – Elke Niehüser, Die Französische Bronzeuhr, Callwey, München 1997, p. 252, pl. 1091, reproduisant une pendule identique.

– Peter Hughes, French Fashion at Petworth, Apollo, September 2008, p. 63, pl. 5

 

La dynastie des Osmond

Robert Osmond associé à son neveu Jean-Baptiste, représentent une dynastie de bronziers-fondeurs ciseleurs et doreurs, auteurs de dessins, actifs pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle français, parmi les plus fameuses de cette corporation parisienne.

Robert Osmond (1711-1789) né à Canisy en Normandie, arrive à Paris en 1735 et fut formé à son métier sous la direction du bronzier Louis Regnard. Reçu maître en 1746 il s’établit rue des Cannettes, paroisse Saint Sulpice. Élu  juré des fondeurs en 1756 il déménage en 1761, pour un plus grand atelier situé rue de Macon au coin de la rue Poupé.

En 1753 il fait venir son jeune neveu Jean-Baptiste (né en 1742) qui sera formé par le bronzier Nicolas Collot, ami et voisin de Robert Osmond établi rue des Ciseaux. Jean Baptiste est reçu maître à 22 ans en 1764, et rejoint son oncle dans l’atelier de la rue Poupé.

Robert Osmond est intéressant car il fut un précurseur du néoclassicisme français, qui éclot à la fin du règne de Louis XV. Les Osmond ont fait partis des quelques pourvoyeurs de ce premier style néoclassique qui révolutionne les arts décoratifs français des années 1760, que l’on appelle alors le « goût grec », et qui préfigure ce qui s’épanouira sous le règne de Louis XVI. Ainsi qu’en témoigne le diplomate allemand Fréderic Melchior von Grimm, au début des années 1760 dans ses chroniques « Depuis quelques années on a recherché les ornements et les formes antiques {…} tout est à Paris à la grecque » (Correspondances littéraires, 1763).

Osmond projet pendule Colonne Deux Genie

Un dessin iconique du premier néoclassicisme

 

Réalisée en forme de colonne tronquée surmontée d’un vase, cette pendule adopte la typologie d’un modèle introduit à la fin des années 1760. Son cabinet, ou boitier, est signé OSMOND à l’arrière de la colonne témoignant qu’il a pu être réalisé tant par Robert Osmond (maitre fondeur en 1746) que par Jean-Baptiste Osmond (maitre fondeur en1764), qui ont partagé la même signature. Cette forme de pendule dont le mouvement s’insère dans une colonne tronquée, est une icône qui concentre toute la quintessence de ce premier néoclassicisme des années 60-70.
Référence appuyée à la beauté des ruines antiques, le modèle a pu s’inspirer de l’œuvre de l’architecte et ornemaniste Jean-Charles Delafosse (1734-91), dont un dessin représentant une pendule de ce type est conservé au musée des Arts Décoratifs de Paris (MAD).

Pourtant les Osmond considéraient très clairement ce dessin comme leur propre création et entendaient bien se prémunir des contrefacteurs. Très conscients de l’impérieuse nécessité de protéger les modèles créés par chaque atelier, Robert Osmond fut au nombre des signataires de la déclaration des maitres fondeurs de 1766, qui fut entériné par un acte du parlement de Paris, veillant à instaurer un premier régime de protection des droits d’auteur. Les fondeurs ciseleurs de Paris s’associèrent pour déposer un livre faisant l’inventaire des dessins appartenant à chaque auteur : le Recueil de desseins. Modèles de pendules, années 1755-1780, aujourd’hui conservé à la bibliothèque de l’IHNA à Paris, fonds Doucet.

Notre pendule est représentée dans ce livre dans pas moins de trois dessins signés Osmond. Le premier dessin, portant le numéro 51 représente une pendule colonne surmonté d’un vase, un second dessin portant le numéro 56 représente la pendule colonne surmontée d’un couple de colombes enlacées. Les Osmond ont aussi réalisé cette pendule colonne dans une troisième version, augmentée d’un contre socle rectangulaire orné de deux figures de l’étude et de la science, représenté sur un dessin portant le numéro 81 .

Robert Osmond

Projet pour une pendule colonne aux génies de l'étude

Paris vers 1770

INHA Fonds Jacques Doucet

Rapidement interprété par la manufacture royale de porcelaine de Sèvres

Rançon d’un immense succès, ou échec à protéger ses dessins, l’idée d’un mouvement de pendule contenu dans une colonne tronquée fut assez rapidement interprétée par la manufacture de Sèvres, qui porte à son catalogue dès 1772 une colonne a pendule en porcelaine. Quelques années plus tard un petit vase pour la colonne a pendule à placer sur le dessus, très similaire au vase couronnant les pendules d’Osmond, est produit à Sèvres.

Un exemplaire de cette pendule colonne en porcelaine de Sèvres portant la lettre date 1775 est conservée dans les collections royales anglaises. Le dessin est très exactement identique à celui d’Osmond, et réalisé dans la même taille. Seul l’éclat de la porcelaine dure blanche et bleue avec des rehauts d’or produit une impression différente de la sobre épure de bronze des pendules d’Osmond. Les bronzes probablement commandés par le marchand mercier Daguerre, reprennent à peu près le dessin de ceux réalisés par Osmond, quoique que d’un aspect plus fouillé. 

On ignore quelle part les Osmond prirent dans ces réalisations de la manufacture de Sèvres, et si ils y furent même associés. Car à la différence de beaucoup de leur confrères les Osmond ne dépendaient pas entièrement du réseau de la puissante corporation des marchands merciers pour diffuser leur œuvre. S’ils leur arrivaient des livrer des pièces à Lazare Duvaux et à Daguerre, les Osmond étaient connus pour distribuer eux-mêmes leurs réalisations à tout une liste de clients exclusifs issus de l’aristocratie et du monde des affaires. Ils furent également fournisseurs du Garde Meuble Royal, comme en 1770 année où ils livrent un cartel pour le cabinet du Dauphin at Versailles, et une pendule vase en bronze doré pour le Palais des Tuileries (AN O1 3656).

sevres copie.jpg

Manufacture de Sèvres, 1775

Pendule colonne en porcelaine dure

© The Royal Collection Trust, London

Notre pendule dans des collections publiques

D’autres exemplaires identiques à notre pendule en bronze signée Osmond sont conservés dans les collections suivantes :

– Collection des rois de Suède, château de Stockholm, Suède

– Collection des ducs de Mecklenburg-Schwerin, Landesmuseum Mecklenburg, Allemagne

– Collection du comte d’Egremond, Petworth House, Sussex, England

 

Œuvres d’Osmond dans des collections publiques

Des bronzes signés Osmond sont présents dans les collections suivantes : musée du Louvre, Paris, MAD Paris, musée Nissim de Camondo, Paris, musée des châteaux de Versailles et de Trianon, musée Condé, château de Chantilly, Metroplitan Museum, New York, Stockholm National Museum, Royal Collection Stockholm, Cleveland Museum, etc…