nicolas heurtaut (1720-1771)

Rare et importante paire de marquises d'époque Louis XV, en bois doré

Rare et importantes paire marquises d'époque Louis XV, à dos plat, en bois mouluré et doré, reposant sur quatre pieds cambrés. Les dossier sont garnis à plein, et les assises à coussin en plumes. La garniture de velours de mohair gaufré comporte deux grandes poches avec rabats, qui ont été ménagées dans l'épaisseur des joues des sièges, et qui permettent de ranger journaux, livres et menus objets.

Une des marquises est estampillée sous la traverse avant N.HEURTAUT

Nicolas Heurtaut, menuisier en sièges, reçu maître le 22 août 1753.

Paris vers 1760

Hauteur : 90 cm, Largeur : 80 cm, Profondeur : 80 cm

Nicolas Heurtaut (1720-1771) le plus talentueux des menuisiers parisiens en sièges du XVIIIe siècle et le plus grand maître du siège Louis XV est l'auteur de cette très confortable paire de marquises.

Fils de Claude Heurtaut, sculpteur en sièges, c'est en tant que sculpteur sur bois qu'il est reçu à l'académie de Saint Luc en 1742 et pendant dix ans il travaillera rue de Cléry, à orner les sièges de Tillard et de Claude Sené.

Le 22 août 1753 il est également reçu comme maître menuisier, auprès de la jurande des menuisiers ébénistes, et bénéficie dès lors du double statut de sculpteur et de menuisier, qui lui vaudra bien des jalousies de métier.  Il fait enregistrer ses lettres de maîtrise le 9 décembre 1755 et s'installe rue de Bourbon Villeneuve (actuelle rue d'Aboukir) dans l'ancien atelier de son beau père le menuisier Guillaume Antoine Destrumel. Réalisant lui même la sculpture d'une parties de ses sièges. Il travaille pour une clientèle prestigieuse, le marquis de Villarceaux, les duc de Jaucourt et de La Rochefoucault. Il est l'auteur de l'extraordinaire mobilier offert par le chapitre de la cathédrale de Poitiers à Martial Beaupoil de Saint Aulaire nommé évêque de la ville en 1759.

Au cours des années 1760, évoluant avec le gout de son époque, Nicolas Heurtaut diminue l'importance de la sculpture. Il est également l'auteur de sièges moulurés, dont ces marquises sont un exemple.

Cette paire de marquises garnie à plein, dont les seuls bois apparents sont ceux de la ceinture et des pieds, appartient à un corpus de sièges confortables apparus dans la production des menuisiers parisiens dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, et qui ne semble pas être l'apanage d'un seul menuisier. On citera à titre d'exemple, une paire de marquises d'un dessin similaire, estampillées P.GOURDIN, conservées dans les collections de la famille de Contades au château de Montgeffroy, une autre marquise, qui fut exposée Musée des Arts décoratifs lors de l'exposition Grand Ébénistes et Menuisiers Parisiens du XVIIIe siècle (Décembre 1955 - Février 1956, reproduit catalogue 85 planche 78), ainsi que le fauteuil "dit de Voltaire", estampillé Charles François Normand, dans les collections du Musée Carnavalet (MB 110 / CARMB0110).

La vogue de ces bergères confortables garnies à plein, ne se démenti pas, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, ainsi qu'en témoigne la bergère d'époque Louis XVI, estampillée Georges Jacob, conservée au Musée Nissim de Camondo. (chambre de Nissim de Camondo Inv. CAM 761), dont la garniture est assez semblable notre paire.

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