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jacob frères (1796-1803)

Rare et important fauteuil à l'étrusque en acajou d'après Charles Percier

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Dessin Charles Percier fauteuil de la convention.jpg

Projet de fauteuil par Charles Percier, Paris vers 1793.

Collection particulière

Dessin publié par Denise Ledoux Lebard in Les ébénistes Français du XIXe siècle. Sur ce dessin figure aussi un fauteuil a dossier en crosse réalisé en 1793 pour le pavillon chinois de l’hôtel de la princesse Kinsky. rue Saint Dominique à Paris.

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Louis André gabriel Bouchet (1759-1842)

Portrait d'Eugène Isabey enfant, HST

Salon de 1810

Ancienne collection Pierre Durand, Collection particulière

Un fauteuil identique au notre figure sur ce portrait

Important fauteuil de bureau à châssis, en acajou placage d’acajou, bois peint et partiellement doré. Le dossier à bandeau en hémicycle est ajouré d’une grille à décor d’entrelacs et de rosaces feuillagées. Les accotoirs reposent sur des protomes de lions ailés en bois sculpté, laqué et partiellement doré. Les pieds postérieurs en sabre sont terminés par des sabots en bronze doré.

Acajou, placage d’acajou, hêtre sculpté peint et doré. Garniture en crin.

Par Jacob Frères, non signé

Paris vers 1796 – 1803

Hauteur : 98,50 cm / Largeur : 69 cm / Profondeur : 60 cm

Le modèle de notre fauteuil, avec son dossier incurvé réalisé dans un tronc d’acajou et ses puissants monopodes de lions ailés, fut donné vers 1793 par l’architecte Charles Percier (1764-1838), probablement pour l’ameublement de la Convention Nationale, comme en témoigne un dessin conservé dans une collection privée, publié par Madame Ledoux Lebard. Les lignes antiquisantes, qui évoquent un trône étrusque, sont influencées par les bronzes et les marbres antiques découverts lors des fouilles archéologiques du dernier tiers du XVIIIe siècle aux environs de Rome, ainsi qu’à Herculanum et Pompéi.

Ce beau siège aux allures martiales et aux proportions amples a été réalisé dans le plus beau des acajous, qui se développe en grandes surfaces planes et lumineuses et dont la couleur claire contraste avec la patine et l’or des monopodes de lion. Ce type de siège connut un vif succès depuis les dernières années du XVIIIe siècle jusqu’au début du XIXe siècle. Bonaparte, dans son cabinet de la rue de la Victoire, fut au nombre de ceux qui possédait un siège similaire. Il en fit don au docteur Corvisart en 1798 (1).

 

Notre fauteuil diffère légèrement du dessin de Percier dans la forme de la grille qui ajoure le dossier. Variation assez rare puisqu’on ne dénombre aujourd’hui qu’un seul autre exemplaire qui figurait dans la vente de la succession Ledoux Lebard de 2006 (2).

 

On dénombre aujourd’hui une petite vingtaine d’exemplaires subsistants de ces fauteuils magnifiques, en collection privée et en collections publiques. Peu sont signés, quand ils le sont, ils portent les estampilles de Jean-Baptiste Sené, Georges Jacob, Jacob Frères ou Jacob Desmalter. Ils ont été réalisés avec des variantes dans les motifs qui ajourent le dossier : grille verticale en acajou comme sur le dessin de Percier, rosaces identiques à celle de notre siège ou différentes résilles losangées.

A l’époque notre siège fut notamment reproduit dans le premier volume des recueils de Pierre de La Mésangère : Collection de Meubles et objets de goût, Tome I, publié en 1802. Un fauteuil similaire au notre figurait probablement dans la collection du peintre Jean-Baptiste Isabey (1767-1855), artiste proche de Charles Percier (3), comme en témoigne le siège représenté sur le portrait de son fils Eugène Isabey par Bouchet, de l’ancienne collection Pierre Durand (4). Un siège de ce type est également représenté dans le portrait du compositeur Boiledieu par Louis-Léopold Boilly, conservé au musée des Beaux-Arts de Rouen

 

-       Un fauteuil identique au nôtre figurait dans la vente Succession Ledoux Lebard, Artcurial Paris Hôtel Dassault, le 20 juin 2006, n°130

-       Un autre fauteuil estampillé Jacob Frères Rue Meslée, avec un dossier ajouré en losanges figurait dans la collection Pelham, Sotheby’s London, 8 mars 2016, n°132

 

(1) Fauteuil attribué à Georges Jacob conservé au château de La Malmaison, légué au docteur Corvisart en 1798 selon une étiquette manuscrite collée sur la ceinture du siège, don baron Rabusson Corvisart 1950

(2) Succession Ledoux Lebard, Artcurial Paris Hôtel Dassault, le 20 juin 2006, n°130

(3) Charles Percier dessina le décor de l’atelier de Jean Baptiste Isabey. Représenté dans le tableau de Louis-Leopold Boilly, Réunion d’artistes dans l’atelier d’Isabey, HST, 1798, Paris, musée du Louvre. Ce décor qui fut un des chantier majeur de Percier et Fontaine à la fin du XVIIIe siècle fut ensuite publié en plusieurs estampes au début de leur Recueil de décorations intérieures, publié en fascicules à partir de 1801.

(4) Salon de 1810, n°107 : Portrait en pied de Monsieur I… fils

The Collection of Pierre Durand, Christie’s New York, 27 janvier 2022, n°179 (voir la reproduction)

Prix : nous contacter

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An important mahogany and carved giltwood fauteuil de bureau after a design by Percier and Fontaine

Mahogany, mahogany veneer, painted and gilded carved beechwood

By Jacob Frères, not signed

Consulat, circa 1796-1803

 

The curved toprail above a pierced splat flanked by upright , the lightly curved armrests on winged lion monopodiae on paw feet, with a padded seat ulphostered in horse hair on splayed back legs ending with gilt bronze sabots. ​

The design for this chair, with its curved back, dramatic and muscular winged lion monopodia, a severe yet elegant blending of Greco-Roman and Egyptian forms, derives from the design by Charles Percier of 1793 (private collection), when he was commissioned to draw up designs to refurnish the National Convention Hall of France. These plans were submitted in collaboration with Georges Jacob who, as one of the foremost skilled menuisiers of the time, was responsible for manifesting these remarkable designs in the flesh. The innovative and pioneering architects Charles Percier (1764-1838) and Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853) were the most important exponents of the archaeologically-inspired strain of late French neoclassicism that would evolve into the mature Empire style after 1800.

This fauteuil differs slightly from the original design in that its splat is formed of interlaced trellis with a central rosette, whereas the drawing depicts a pierced splat with straight vertical bars.

This beautiful seat of large proportions has been made in the finest mahogany, which develops into large flat and luminous surfaces and whose light color contrasts with the patina and gold of the lion monopods. This type of seat was very successful from the last years of the 18th century until the beginning of the 19th century. An unsigned armchair circa 1795 attributed to Jacob that faithfully adheres to the original design is in the château de Malmaison illustrated by Samoyault, p.27, fig.29, and this is likely to be the prototype of what proved to be a successful model that was replicated on several occasions. It used to be in Bonaparte study, in his mansion rue de la Victoire, and was donated to Doctor Corvisart in 1798.

In 1796, Georges Jacob transferred his business to his two sons, Georges II and François-Honoré, who used the stamp JACOB FRERES / RUE MESLEE from 1796 until the death of Georges fils in 1803, after which the surviving brother continued working under the name Jacob-Desmalter using the stamp JACOB. D / R.MESLEE and transforming the firm into the largest and most prolific cabinetmaking enterprise of the Napoleonic Empire and principal furnisher of the Imperial residences. The present fauteuil  dates in all likelihood to the late 1790's, when the brothers had yet to fully develop an independent style and continued to produce variations of their father’s designs. 

 

The overall inspiration for the model derives from antique furniture excavated from archaeological sites in and around Rome and at Herculaneum and Pompeii, reproductions of which were widely disseminated through pattern books and engravings in the second half of the eighteenth century. The winged lion monopodia was a classic support element for large marble tables and appears in plate 25 of the fifth volume of sculptor Pierre-Nicolas Beauvallet’s Fragmens d’architecture, sculpture et peinture dans le style antique (1804).  It was particularly favoured as a structural component by Jacob Frères and would also appear in their case furniture, notably as back-to-back uprights for the monumental bureau mécanique supplied for Napoleon’s study at the Tuileries in 1800, now at Malmaison, illustrated by Samoyault, p.125 fig. 215.     

 

Fauteuils of this type also appeared in contemporary portraits, such as the Portrait de François-Adrien Boïeldieu, by Boilly, in the Musée des Beaux-Arts, Rouen (inv. 905.1.1) and Bouchet’s portrait of Eugène Isabey, now in a private collection. In both works the fauteuil is prominently placed in the foreground, at an angle designed to show the sinewy nature of the imposing front leg. Our fauteuil also had been reproduced in the first tome of Pierre de La Mésangère : Collection de Meubles et objets de goût, published in 1802.


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Our fauteuil reproduced in Pierre de La Mésangère : Collection de Meubles et objets de goût, published in 1802.

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