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bergère en acajou estampillée georges jacob
Acajou massif, vers 1790-1795

Belle bergère en acajou massif estampillée G.IACOB sous la traverse arrière.
Le dossier se déploie selon la courbe en enroulement d'une crosse, à laquelle répond la forme des pieds arrière en sabres. Les pieds avant ronds et fuselés sont surmontés de supports d'accotoirs en forme de colonnes ioniques cannelées.
Georges Jacob, menuisier reçu maitre en 1765.
Paris vers 1790-1795

Garniture de velours de mohair jaune

La fin du règne de Louis XVI, fut l'époque de l'apparition de sièges en acajou massif selon la mode anglaise, aux lignes inspirés de l'antiquité gréco-romaine.
L'emploi de l'acajou avait été rendu possible par le traité de libre échange de 1786, dit traité Eden-Rayneval, et Georges Jacob fut un des premiers et le principal diffuseur de ces sièges, dont l'esthétique annonce les formes qui se déclineront jusque pendant les premières décennies du XIXe siècle.

Nombreux sont les ornemanistes français, à avoir donné des modèles de sièges avec des dossier en crosse ; que ce soit Jean-Jacques Lequeu en 1786 pour l’hôtel de Montholon, ou Jean Demosthène Dugourc, qui dans des mémoires publiés en 1800 affirmait qu'i fut le premier dans les neuf à dix ans qui ont précédé la Révolution " à donner l'exemple d'employer le genre arabesque ou étrusque, non seulement dans les décorations d'architecture, mais encore dans les tentures et les meubles".
Il est bien connu que l'atelier de Georges Jacob travailla durant cette période en lien étroit avec les peintres Hubert Robert puis David et les architectes et ornemanistes Percier et Fontaine. Le dessin de Charles Percier publié par Denise Ledoux-Lebard, montre cinq projets de siège dessiné avant 1795, pour l'atelier de Georges Jacob, dont trois avec des dossiers en crosse.

L'estampille G.IACOB fut utilisée jusqu'en 1796. Comme le fait remarquer Hector Lefuel dans son ouvrage, la fleur de lys qui séparait le G du I fut limée pour prendre la forme d'un losange au début des années 1790, et c'est cette estampille qui figure sur notre bergère, permettant une datation assez précise entre 1790 et 1796.

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